Comment mieux épargner ? Forums Crowdlending Parlons crowdlending en général Pourquoi les plateformes vont disparaitre

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Mwy, le Il y a 8 années.
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  • #7781
    thadeus
    Participant

    Il y a du monde qui se demande si le modèle actuel est viable, entre doute sur la capacité des plateformes à atteindre la taille critique, sur la taille réel du marché. J’ai personnellement plutôt des doutes sur l’avenir du modèle. Je pense que les plateformes peuvent encore être disruptée, que la révolution fintech est encore à venir.

    D’abord le crowdlending dans sa forme actuelle ne me semble être que la continuité du système bancaire pré existant. Je suis perplexe par exemple sur l’évaluation des risques pour les prêts par les plateformes, je sort les prêts de 2015 de ma réflexion car je pense que 2015 aura été l’année d’essuyage de plâtres et avant l’automne 2015 je considère comme erreur de jeunesse les erreurs de castings (projets boiteux, entrepreneurs peu honnêtes) j’essaie de juger après cette période et selon moi depuis, si le processus s’est affiné, il faut garder à l’esprit que le panel des projets présentés représente 10% à peine des demandes de prêt présenté aux plateformes. Les 90% non présentés représentent ils vraiment des projets moins solides que les 10% visibles ? Les 90% seraient des prêts toxiques ? Le tableau serait vraiment trop noir pour l’économie.  Je trouve la transparence des plateformes très médiocres sur beaucoup de critères. Je soupçonne que la note qui définit le taux sur les plateformes à taux fixe soit l’objet de négociation entre plateforme et l’emprunteur puisque les emprunteurs n’hésitent pas à mettre les plateformes en concurrence. Un exemple : AT&T sur lendopolis puis sur lendix, l’échec de la lever sur lendopolis a, je pense, influencé la dégradation de la note plutôt que le projet en lui même alors que je pense que le projet était juste trop important pour lendopolis. Un autre exemple: les seconds emprunts sur une plateforme qui bénéficient d’une note amélioré en quelques mois.

    Ensuite quelle plateforme utilise le big data pour sa prise de décision ? A ma connaissance, on en est encore à l’heure des comités décisionnels. Quel est le bilan comptable des plateformes ? Les informations fournies par les plateformes se limitent à leurs obligations légales (voir moins). Le modèle bancaire n’est en rien remis en cause ; les banques sont même plus transparentes que les plateformes. Uber n’a pas était lancé par des chauffeurs de taxi, airbnb n’a pas été lancé par des hotelliers. La révolution numérique est encore à venir selon moi et les plateformes actuelles ne sont pas à l’abri de se faire disrupter.

    On parle des blockchains comme de la future grande révolution fintech et depuis quelques semaines et le lancement de the DAO je me dis que la révolution est quasiment là : déjà il s’agit de la 2ième plus grosse campagne de crowdfunding de l’histoire avec 150 millions de dollars levés. Rien que ce montant suffit à se dire que des petits frères vont arriver très vite. Ensuite le système est totalement décentralisé : la sélection est faite par les investisseurs, il n’y a aucun frais car personne de rémunéré pour gérer le système, c’est totalement autogéré. L’usage d’une crypto monnaie permet de s’épargner le poids de la fiscalité tant qu’on n’effectue pas de retrait.

    Au final je crains plus de voir le modèle des plateformes devenir obsolète plutôt que les voir manquer de fonds.

    • Ce sujet a été modifié le Il y a 8 années par thadeus.
    #7783
    Pascal
    Participant

    Pas complètement d’accord avec toi.

    Le système est en train de se mettre en place et comme tout ce qui démarre il y a des loupés.

    Mais le choix des projets par le preteur j’ai du mal à croire surtout quand on voit ce que cela donne sur Unilend qui est un peu un pré-exemple (on ne choisit pas le projet mais le taux).

    Je pense qu’en règle générale la foule est moutonnière et incapable d’avoir un raisonnement technique. Quelques uns pourront le faire car ils seront formés à l’analyse financière et tous les autres suivront, non pas par bétise ou je ne sais quoi, mais simplement parce qu’ils seront formés à autres choses (physique, chimie, français, droit,…..)

    Deuxième point dont nous avons déjà discuté sur crowdlending.fr : la meilleure façon d’analyser un dossier.

    Si l’analyse purement économique d’une société  est et restera indispensable, elle doit être accompagnée par une analyse humaine de l’équipe de la société emprunteuses. C’est le contact avec celle ci qui fera que l’on a confiance ou pas. C’est ce que l’on appelle l’intuition de l’analyste. Je sais que plusieurs plateformes ont ce contact, à l’inverse Unilend ne l’a pas (en tout cas à ma connaissance) et l’on voit ce que cela donne. Et c’est de la confrontation des opinions en Comité que l’on va enrichir la réflexion. Comme on dit on n’est plus intelligent à plusieurs que tout seul.

    En ce qui concerne les 90% dont tu parles, non ce ne sont pas forcément des dossiers pourris mais je pense que les plateformes sont très prudentes et recalent des dossiers viables. La question de savoir si leurs analyse est bonne ou pas est une autre question mais rien qu’en lisant la presse économique on s’aperçoit qu’il y a une multitude d’analyse pour une donnée unique comme l’interprétation de l’avenir d’une société si on parle du marché boursier.

    En conclusion, je pense que le crowdlending tel qu’il existe aujourd’hui à un bel avenir devant lui, même s’il y aura surement des évolutions de méthodes et une concentration des plateformes pour s’adapter à la profondeur du marché français qui n’est pas si grand que cela (on ne peut pas comparer le marché français avec le marché US). Les plateformes qui survivront seront présentes sur l’ensemble du marché européen seul capable de rivaliser avec le marché américain et dans le futur avec les marchés asiatique et africain.

     

     

    • Cette réponse a été modifiée le Il y a 8 années par Pascal.
    • Cette réponse a été modifiée le Il y a 8 années par Pascal.
    #7786
    thadeus
    Participant

    je ne dis pas qu’il faut se contenter de l’analyse financière, je pense que l’analyse humaine est subjective et que les critères restent à définir/inventer, d’où l’intérêt du big data par exemple, pour faire ressortir des critères objectifs et inattendus (on a par exemple découvert que la présence ou non de trottoir dans les quartiers aux EU influencé sur le vote républicain/démocrate). Pourquoi pas évaluer le QI d’un dirigeant, ou son réseau social.

    Ensuite oui la foule est moutonnière mais les avis éclairés ressortent naturellement, des leaders apparaissent. Et foule est un grand mot concernant le crowdlending, (je suis sur qu’on pense tous les deux à unilend en parlant foule moutonnière), je pense plutôt en terme de communauté et la dynamique est différente dès lors (pretup représente 200 prêteurs réguliers environ).

    #7788
    Mathieu
    Maître des clés

    @thadeus

    Je partage ton avis sur plusieurs points :

    Au sujet de la blockchain

    Moi aussi je suis de près le phénomène Blockchain et je trouve que les plateformes n’ont pas encore intégré ce point. D’ailleurs j’en avais parlé à Olivier Goy lors de la dernière interview et il ne semblait pas au fait de la révolution qui nous attend …

    J’avais d’ailleurs écrit un article sur le sujet en décembre 2015 suite à ma participation à une conférence : http://www.crowdlending.fr/la-blockchain-va-revolutionner-le-crowdfunding-deja/ On ne parlais pas encore du projet DAO mais il y avaient d’autres initiatives.

    De plus Macron a lancé les minibonds et souhaite que la blockchain soit la techno utilisée pour gérer un second marché.

    Au sujet de l’analyse des plateformes

    De ce coté je trouve aussi que les plateformes sont trop calquées sur les banques avec un comité risque et finalement l’utilisation des mêmes outils : FIBEN, Altares, Ellisphère, …

    On parle de délai réduit dans la sélection des projets mais j’ai peur que si le nombre augmente, les délais augmentent avec. Le processus manque de Techno. Lors d’une table ronde on a évoqué le sujet FINTECH avec Nicolas LESUR, Vincent RICORDEAU, …

    Il faut savoir que de gros acteurs travaillent sur de la sélection de projets à partir des réseaux sociaux, de références clients et fournisseurs. C’est notamment le cas d’Alibaba.

    En France on peut citer l’initiative de PrêtStory qui tente quelque chose de différent avec un test psychotechnique mais ce n’est pas encore suffisant.

    Je pense comme toi que l’analyse pourrait être réalisée par la foule … d’ailleurs sur l’agrégateur, certains prêteurs s’appuyent sur l’analyse d’autres prêteurs pour investir ou non. Il faudrait juste les bon outils.

    Je ne crois pas que ça remette en cause le crowdlending en général mais il devrait évoluer rapidement. On voit bien que de gros financeurs (AVIVA, AG2R,…) arrivent sur le marché.

    L’avenir nous racontera la suite 😉

     

    #7793
    Mwy
    Participant

    Comme toute les technologies, la blockchain a des limites et présente des inconvénients :
    * Elle commence petit à petit à se transformer en argument commercial plutôt qu’en outil de décentralisation / prise de décision. La réussite et la couverture médiatique du projet « The DAO » sont élogieuses, mais n’oubliez pas les catastrophes qui ont eu lieu dans l’univers BitCoin (en particulier la fraude Mt.Gox)
    * Elle n’est décentralisée que si la puissance de calcul utilisée pour le minage des coins et la validation des transactions est elle aussi décentralisée (i.e : les utilisateurs du système exploitent leur puissance de calcul). Si la puissance de calcul est en majorité détenue par un même acteur il peut alors manipuler les transactions selon son gré.
    * Macron souhaite utiliser la bockchain comme base sur laquelle appuyer les minibons. Dans quelle mesure l’anonymat des transactions pourrait être garanti, à partir du moment où c’est le gouvernement qui souhaite exploiter cette technologie ?
    * La blockchain et l’ensemble des crypto-monnaies qui exploitent cette technologie sont toujours tributaires des plateformes d’échange.

    Bref. La blockchain c’est une avancée technologique, c’est un outil plein de promesses, mais dans ses usages aussi bien que dans la façon de l’utiliser il reste plein de questions qui me font dire que pour l’instant l’engouement autour de ça est surtout un effet de mode.

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