Interview en direct de Vincent Ricordeau – Lendopolis – Mardi 9 février 2016

Ajouter un commentaire

J’ai eu le plaisir d’échanger avec Vincent Ricordeau, fondateur de Lendopolis et donc du groupe KissKissbankbank, mardi 9 février 2016 à 20h15. Ce fut aussi l’occasion pour les lecteurs de ce blog de lui poser toutes leurs questions sur la plateforme mais aussi sur le marché du crowdlending en général. Vous pouvez visualiser le replay

Podcast

S’abonner au Podcast sur Itunes

Interview écrite

M : Bonjour ! Bonjour Vincent !

V : Salut Mathieu !

M : Merci de te joindre à moi. On a déjà des personnes en ligne. Est-ce que quelqu’un peut nous dire si vous nous entendez correctement ? Personne ne nous entend ? Est-ce que quelqu’un nous entend ? Alors, d’habitude ça fonctionne, donc ça devrait fonctionner cette fois-ci.

V : Mais, est-ce que tout le monde est arrivé déjà ?

M : Oui. On a du monde connecté.

V : C’est bon ! On entend et on dirait que c’est bon.

M : On entend. D’accord.

V : Étienne aussi, Sarah aussi.

M : Ah ! Voilà ! Ça y est ! Notre tchat fonctionne. Parfait ! On y va alors. Démarrage. Et bien, donc, merci d’avoir accepté mon invitation ce soir.

V : Avec grand plaisir. Et désolé pour la plantade de la dernière fois, c’était un contexte un peu particulier.

M : Oui. Bon ! Tu es tout excusé. Et puis, le principal c’est de pouvoir le faire ce soir. Alors déjà, tout le monde ne te connait pas. Est-ce que tu pourrais nous dire un petit peu qui tu es, toi, déjà ? Et, nous dire, comment tu es arrivé dans le crowdfunding ? Parce que tu es quand même un des premiers Français arrivés dans le crowdfunding. Et puis après, on attaquera sur Lendopolis et KissKissBankBank.

V : OK. OK. Alors je m’appelle Vincent Ricordeau. Nous avons quitté nos jobs, Ombline, Adrien et moi qui sommes les trois fondateurs de KissKissBankBank en 2008. On a lancé KissKissBankBank en septembre 2009. Donc, on fait effectivement partie des pionniers dans le monde du crowdfunding. On s’est lancé par exemple la même année que Kickstarter. Kickstarter en avril et nous, en septembre. Donc, on a vraiment fait partie de cette première génération d’entrepreneurs qui ont vu assez vite, en fait, que les réseaux sociaux hébergeaient des communautés très visibles autour de créateurs de projets, notamment d’artistes, et que du coup, la bride de financement par dessus paraissait assez naturelle. À partir du moment où on voit des communautés entourer quelqu’un de visible sur le web avec un projet, il nous a semblé assez naturel, en tout cas à Ombline, parce que c’est son idée d’origine de se poser la question suivante : « Si on demande à cette communauté 50 € ou 100 €, est-ce que du coup, on va arriver à financer des projets de créateurs en question ? », voilà ! Donc, c’est né comme ça le crowdfunding. Et d’ailleurs, pour bien les connaitre, Kickstarter s’est posé à peu près la même question au même moment. Et toutes les plateformes qui ont fleuri dans le monde sur le principe du reward-based, donc du Don contre Don, ont toutes eu à peu près la même idée d’origine. Alors, après, 2009 donc, lancement. On a levé des fonds tout de suite chez Xange, private equity en 2 fois, en 2009 et en 2012, à peu près 2 millions €. Ça nous a permis donc d’amorcer le lancement de l’entreprise. On a lancé dans la foulée en 2014 donc, ou fin 2013, Hello Merci, qui est une première plateforme de crowdlending, une plateforme de prêts solidaires. Et puis, nous avons lancé donc Lendopolis, au moment où le monopole bancaire a sauté puisqu’on a fait partie de l’équipe qui a négocié « avec foi et passion » aux côtés de quelques énergumènes du gouvernement, qui a bien voulu nous soutenir, la possibilité d’ouvrir des plateformes comme Lendopolis où aujourd’hui, on peut en tant que particulier et très bientôt officiellement en tant que personne morale, prêter à des PME qui vont donc nous rémunérer pour l’argent qu’on leur prête. Voilà ! Donc, du coup, on a un historique assez long sur le financement participatif. On a récolté plus de 50 millions d’euros au jour d’aujourd’hui. Ce qui fait de nous le leader français du financement participatif, très loin, devant nos petits camarades, quel que soit le secteur. Il n’y qu’a Ulule, qui est très proche de nous en terme de volume, mais les Lendix, Unilend, etc. sont très loin en volume global sur les plateformes. Pour autant, on a une expérience donc aussi neuve que la leur finalement sur le marché du crowlending puisque le gros de notre expérience jusqu’à maintenant s’est fait sur le reward-based. Donc, le crowdlending est pour nous, on ne va pas dire non plus une découverte maintenant, puisqu’on s’est lancé dedans en 2013 avec Hello Merci, mais un marché qu’on continue à découvrir au quotidien.

M : D’accord. Et dans ton groupe donc, aujourd’hui, le plus gros, ça reste le Don contre Don, si je ne me trompe pas ?

V : Oui. Bien sûr ! On a collecté 31 millions et demi d’euros l’année dernière dont 17 millions d’euros et demi sur KissKiss. C’est effectivement toujours le gros du volume collecté sur le groupe.

M : Et au niveau de l’avenir, tu vois une répartition différente ? Ou est-ce que tu penses que le crowdlending sera bien plus gros que le Don contre Don ? Ou est-ce que tu penses que dans Don contre Don, on a atteint un petit peu nos limites aujourd’hui et pas du tout dans le lending ? Ou peut-être en equity d’ailleurs ? Puis que je sais que vous annoncez lancer une plateforme d’equity prochainement, je crois, donc, dans l’année ?

V : Du coup, pour revenir sur l’historique en France, on a mis beaucoup de temps à se lancer sur le lending pour des questions de règlementation. Par contre finalement, en même temps que le reward-based en Angleterre et aux États-Unis se lançaient, déjà les plateformes de crowdlending, donc, du coup, c’est un secteur qu’on connait, qu’on aime bien et qu’on suit depuis très longtemps, seule la règlementation nous a empêchés d’y aller plus tôt. D’ailleurs, c’est pour ça qu’on a sorti Hello Merci avant Lendopolis. C’est qu’en fait la règlementation en France à l’époque ne nous permettait que de lancer en fait une plateforme avec des prêts solidaires. Donc, du coup, oui… Il y a un essoufflement, en tout cas, une baisse de taux de croissance sur le don. On a fait 300 % de croissance par an les trois premières années, 100 le quatrième, et uniquement 30 %, si on peut le dire, cette année. Et je pense que l’année prochaine, ce sera 20, 25. Donc, on voit la fin de la courbe exponentielle. Alors, maintenant, le marché en France, il est occupé par Ulule et par nous. Donc, à nous deux, on a à peu près collecté quasiment 100 millions d’euros, ce qui fait de très très loin le plus grand marché, quand même, européen, mais c’est un marché qui est déjà mature, effectivement. Donc, c’est pour ça qu’on est très content de s’être diversifié sur le lending, qui va nous permettre du coup d’avoir un deuxième souffle en terme de croissance. Et je pense à coup sûr, je peux faire un petit pari aujourd’hui, que dans quelques années, Lendopolis sera la plateforme la plus importante chez nous. Hello Merci à mon avis passera devant KissKiss à un moment ou à un autre. Et, KissKiss deviendra la petite plateforme des trois. Voilà !

M : Ah bon ! D’accord.

V : Effectivement, le projet de plateforme d’equity est déjà bien avancé chez nous, mais on voit ce secteur-là de façon complètement différente de nos petits camarades. Et, on est quand même aujourd’hui, en terme de staff et d’énergie, un peu au bout de notre deuxième étape. C’est-à-dire qu’on a lancé les deux plateformes de lending avec la même équipe que le reward-based. Et, aujourd’hui, on va évidemment, staffer considérablement nos deux plateformes de lending avant de se lancer sur l’equity qui devrait arriver, j’imagine, mi-2017.

M : Ah ! Mi-2017, donc, ce n’est même pas cette année, c’est l’année suivante alors ?

V : Oui. Je pense qu’on n’aura pas le temps maintenant, là, cette année. En fait, là, on a une avant-première, je ne vous dirais pas qui, mais on vient de boucler une levée de fonds. On va rester très confidentiel, mais on va l’annoncer prochainement. Et qui va nous permettre donc, du coup, de ne pas rester la troisième, on peut dire, chez nous. Après la première qui est la grande époque du don, la deuxième qui était le lancement du lending, la troisième aujourd’hui, c’est renforcer les équipes. Et donc, du coup, tout ça sera fait dans l’année qui vient.

M : D’accord. Alors, une levée de fond ! Tu nous apprends un scoop, ce soir. Quel honneur ! …

V : Alors, je compte sur vous pour ne pas en parler parce que là, on est en famille donc je vous livre des petits secrets de famille. Mais, il y a un embargo sur l’info jusqu’à vendredi matin donc je compte sur vous pour évidemment, ne faire aucune annonce sur le sujet.

M : D’accord. La vidéo ne fonctionne pas très bien. Très bien ! Et, toi donc, du coup, comment tu vois le crowdlending dans un an, 3 ans, 5 ans ? C’est la question que je pose à tout le monde, un peu à tous les fondateurs de plateforme. Quelle est ta vision là-dessus ?

V : Moi, la seule chose que je peux vous dire c’est que sur l’année 1, on a collecté exactement le montant qu’on avait prévu dans le business plan. Ce n’est pas forcément le cas de tous nos petits camarades. On a une connaissance du marché global du crowdfunding qui nous permet, je crois, aujourd’hui d’avoir une vision plus précise sur le différentiel culturel énorme, béant qui existe entre la culture française quand il s’agit d’argent et la culture anglo-saxonne quand il s’agit d’argent, de risque et d’investissement. Et donc, je pense que le marché français sera important, pour ne pas dire : « très important », je pense en plusieurs milliards, mais par contre, c’est un marché qui va mettre du temps à s’installer. Il y a deux raisons pour ça. La première, c’est qu’il va falloir faire de la pédagogie du côté des prêteurs et également, du côté des entreprises. Et le marché bancaire est tel en France, avec ses 5 gros acteurs oligarchiques, fait qu’aujourd’hui, la liberté que prendrons les uns et les autres pour sortir de la finance traditionnelle va mettre beaucoup plus de temps que dans les pays anglo-saxons où le marché est déjà beaucoup plus libéral, beaucoup plus libéralisé, beaucoup plus ouvert, ce qui fait que les gens ont l’habitude de passer, on va dire, d’un mode de financement à un autre. En France, voilà, on est assurance vie, 100 % pour les particuliers, un peu d’immobiliers. Les entreprises sont très attachées à leur banque parce que dans leur banque, elles ont leur compte bancaire, leur crédit, leurs prévoyances, leurs assurances voiture, leurs téléphones, etc., etc. Ce qui fait que l’habitude de couper le cordon ombilical avec sa banque va prendre beaucoup plus de temps en France, que ça ne l’a pris dans les pays anglo-saxons. Donc, du coup, moi je vois un marché très fort, mais très lent.

M : Très lent. D’accord. Parce que c’est vrai qu’en 2015, ce n’était pas grand-chose, c’était 31 millions de collectés toutes plateformes confondues. 2016, ça démarre bien, mais ce n’est pas non plus génial. Certains disent 60 millions, d’autres 100 millions, donc avant d’arriver à 1 milliard, voire plusieurs milliards, on a encore un petit peu de chemin, quoi !

V : Oui. Quelques années, mais, tu sais si ça double tous les ans, finalement avec ce calcul-là, tu verras, quand tu doubles tous les ans, tu y arrives vite. Tu fais 30-60-120-400 et 1 milliard, en fait, tu y es en 4-5 ans.

M : Oui. Mais 4 ou 5 ans, c’est malgré tout très long. C’est-à-dire qu’il faut que les plateformes toutes confondues, vous teniez le coup, quoi. C’est-à-dire qu’il faut de grosses levées de fond. Celles qui n’ont pas de grosses levées de fonds, c’est plus compliqué. Tu vas nous annoncer une vendredi, donc ça, c’est chouette. Mais, moi, ma vision, c’est de dire que je ne vois pas ce que ça va être d’attendre parce que si tout le monde ne lève pas 8 ou 10 millions, sur le lending j’entends, je ne vois pas comment elles vont tenir, quoi.

V : Oui. Ça, c’est clair. Alors que nous, on a l’avantage, c’est qu’on est break-even, on est à l’équilibre déjà sur KissKiss, donc on est capable de l’alimenter sérieusement. On a levé l’année dernière en média… pour lancer Lendopolis qui nous permet d’être dans les leaders aujourd’hui, uniquement sur ce deal avec Les Échos qui nous a fait gagner en crédibilité, en notoriété et également en business développement. Donc, on va dire que la première rampe de lancement maintenant est faite. Et puis, on va clairement passer la seconde, là, dans le trimestre qui vient, en renforçant les équipes, notamment au niveau biz dev, au niveau techno, au niveau web marketing. Et donc, du coup, ça va suivre son cours très tranquillement. Mais encore une fois, on a annoncé nos chiffres, nous, on est très loin des chiffres annoncés par nos petits camarades. Et aujourd’hui, on est à peu près le seul à être dans le vrai sur le sujet. Et je vois un petit commentaire sur le tchat. C’est vrai qu’il y a peu de projets présentés sur les plateformes. Alors, il y a deux raisons à ça, c’est qu’il y a toute la partie culturelle et pédagogique dont je parlais tout à l’heure. Encore une fois, il va falloir du temps. Et puis une autre raison quand même, c’est que toutes les plateformes sont attachées à 2 critères à la fois à la volumétrie bien évidemment, mais également au taux de défaut. Et donc, si je vous le donnais en ligne mon directeur de risque, on reçoit quand même évidemment beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de projets. Je ne parle pas de ceux sur lesquels on ne réfléchit pas, je parle de ceux, sur lesquels on hésite. Et, il est vrai que nous, on a décidé les 2 premières années de privilégier plutôt le taux de défaut plutôt que la volumétrie. Je pense qu’on aurait pu faire à peu près le double de ce qu’on a fait avec des notes entre C et B en plus. Mais j’imagine qu’on aurait surement, 2 ou 3-4-5-6 peut-être 7-8 défauts comme certains de mes petits camarades aujourd’hui, sur le sujet. Donc, du coup, voilà ! Nous, on y va avec prudence. C’est le mot d’ordre. On a prévu de doubler le nombre de projets par semaine à peu près tous les semestres. Donc là, on est un peu en retard d’ailleurs sur janvier parce qu’on a une problématique, nous. C’est comme on a cette validation par les experts-comptables entre le 15 décembre et le 15 janvier et pour choper un expert-comptable pour récupérer les bilans, ce sera compliqué. Donc, du coup, on a démarré un petit peu plus tard, mais là, le mois de février est déjà assez important pour nous. Donc, du coup, on est sur 2 par semaine en moyenne, là en ce moment dans nos business plans. On passera à 4 projets par semaine dans le deuxième semestre, on passera à 8 projets par semaine au troisième semestre et donc, du coup, à 15 projets par semaine au 4e semestre. Voilà ! Donc, ça, ça devrait nous amener petit à petit à passer de 5 millions cette année à 10-12… Allez ! On va dire : fourchette basse 10, fourchette haute 15 millions sur la deuxième année. C’est notre objectif, mais si on est autour de 10-12, on sera dans les clous.

M : Oui. Mais vous ne fixez pas des objectifs exponentiels non plus, quoi. C’est doublé, mais ça reste raisonnable, quoi.

V : Oui. Ça reste raisonnable parce qu’encore une fois, moi, j’ai fait toute la campagne de pédagogie avec Kisskiss. Je vais vous donner un exemple. La première entité qu’on a été voir avec KissKiss, en 2008, c’était le CNC, le célèbre CNC. On est sorti quasiment jeté dehors du CNC par le président de l’époque qui nous disait : « Mais, attendez ! Mais votre truc c’est abominable. Vous allez produire toute la merde que le CNC ne veut pas produire ». Aujourd’hui, il n’y a pas un film qui rentre au CNC sur les courts métrages ou moyens métrages qui ne sort pas de KissKissBankBank ou d’Ulule. Donc, cette pédagogie là, et bien, il a fallu 6 ou 7 ans pour la faire. Et, elle est aussi forte, pour d’autres raisons, elle est aussi forte pour moi, du côté des patrons de PME parce qu’on est sur un modèle web. Le web, ça veut dire, il faut être transparent. Ça veut dire qu’il faut être ouvert. En tout cas chez nous, ça veut dire répondre à des questions ouvertes publiques sur des forums. Il faut s’engager publiquement sur un projet. Nous, on demande un business plan qui parait un peu anodin pour certains, mais qui oblige l’entrepreneur à s’engager en tout cas dans une vision de son business sur lequel il sera quand même jugé par sa communauté plus tard. Et donc, du coup, cette pédagogie-là à faire au niveau des chefs d’entreprises, elle est importante. Puis, après, il y a la réalité du marché. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, les banques down size le prix des crédits au max. Aujourd’hui pour 1 ou 2 %, vous avez un crédit dans les banques. Nous, aujourd’hui, on est quand même entre 5 et 12. Le temps de leur faire comprendre que chez nous, c’est ultra-rapide, qu’il n’y a pas de caution, pas de garantie et qu’ils ont une communauté qui est réactivable, un peu comme un revolving, il va falloir des années pour ça. Et donc, du coup, encore une fois, je pense que de ce côté là, la pédagogie va être bonne. De l’autre côté, du côté des prêteurs, certes, on annonce 5 ou 12 % d’intérêt, mais je ne vous apprends rien les uns les autres, quand vous avez retiré les 15 de CSG et les 24 de prélèvement obligatoire, et bien, il ne reste plus que la moitié de ça. Et donc, du coup, alors la fiscalité, on est en train de la faire bouger. Puisqu’aujourd’hui, depuis 2016, vous allez pouvoir déduire les pertes de vos gains plus ou moins, mais ça ne suffit pas. Il faut d’autres nouvelles sur le sujet pour que ça devienne vraiment quelque chose avec une émulation importante. Et, l’arrivée des personnes morales permettra aux plus riches d’entre nous de pouvoir investir en tant que personne morale a priori sans les mêmes seuils qu’auprès des particuliers. Oui ! Donc, il y a quand même plein, comme ça, de curseurs à régler qui sont complètement ouverts en Angleterre, aux États-Unis, depuis belle lurette. Aujourd’hui, en Angleterre, vous avez une franchise de 1000 € sur vos intérêts. Vous avez une espèce de plan d’épargne comme votre PEA dans lequel vous pouvez coller toutes vos valeurs de lending. Donc vous, vous êtes fiscalisé seulement si vous retirez l’argent du plan, voilà ! Donc, il y a des avantages quand même pour les particuliers qui sont énormes aujourd’hui dans les pays anglo-saxons qui expliquent cette croissance exponentielle. En France, on n’en est pas là. On y va piano, tranquillement, avec des seuils qui laissent le temps de faire la pédagogie. Ça nous va très bien. Je pense qu’il faut que chacun apprenne à découvrir ce marché. Il ira à la vitesse à laquelle il ira. Nous, on n’est pas pressé.

M : Justement. Je vois des commentaires : « On préfère 100 fois ne pas avoir de pertes ».

V : Ça, c’est sûr ! Mais alors, je dirais quand même, ça aussi, il y a de la pédagogie à faire sur le sujet. C’est que le risque et les pertes, dans le crowdfunding au sens large, elles existent partout. C’est-à-dire que sur KissKissBankBank, il y a des projets qui ne délivrent pas. Il y a des projets qui ne vont pas au bout. Il y a des projets qui ne livrent pas leur contrepartie à temps. Ce qui veut donc dire que quand vous donnez un projet sur KissKiss, il y a aussi une notion de risque. Quand vous êtes sur Hello Merci, et que vous prêtez 100 balles à votre voisine qui veut monter une crèche, il y a une chance que votre voisine n’arrive pas à monter sa crèche. Dans la vraie vie, quand vous prêtez 100 balles à Georges, votre meilleur pote, qui vous les a empruntés pour partir en vacances au ski une semaine avec vous, vous n’êtes pas sûr que Georges vous rende vos 100 balles. Et bien, quand vous êtes investisseur que ce soit comme business angel ou comme prêteurs sur une plateforme de crowd, quoi qu’il se passe le risque existe. Et ça, il faut en avoir conscience. Après, vous parliez tout à l’heure de plateformes qui résisteront avec le temps, bien sûr que celles qui auront fait de la volumétrie et du volume auront plus de chance que les autres, mais il y a aussi le taux de succès et le taux de défaut qui sera clé. Il y aurait une plateforme qui ferait, je ne sais pas, 50 millions en deux ans, et puis au bout de deux ans, 15 % de taux de défaut, elle explosera d’elle-même. Donc, du coup, les plateformes vont jouer avec ces deux valeurs-là. Mais le risque, il existe, il faut le prendre en considération. Et je vois une question. « Qu’est-ce que ça vous a fait sur le premier défaut ? » Je peux vous dire ce que ça nous a fait. C’est qu’on avait, nous, parié qu’on aurait 0 défaut la première année. Bon, il se trouve que le premier défaut, il est arrivé le 13e mois. Donc, quelque part, on a réussi notre pari, mais on est très déçus qu’il soit arrivé si vite, parce que quelque part, entre nous, on espérait ne pas avoir de défaut du tout pendant 18 mois. Donc, du coup, on a réussi notre premier pari, mais on a loupé le deuxième. Et donc, du coup, aujourd’hui, et bien, Nicolas Pesquidous, notre directeur de risque, on l’appelle le « repenti » chez nous, parce qu’il vient du milieu bancaire. Et bien, Nicolas, il est en train, c’est aussi un peu son jeu de placer un curseur au niveau du risque. Parce que, si on prend les mêmes valeurs que les banques, alors on ne fait pas grand-chose dans le lending. Donc, du coup, il faut qu’on aille chercher quand même dans les entreprises qui sont saines, mais qui en même temps ne sont pas les bienvenues dans les banques. Et donc, du coup mécaniquement, et bien, sur toutes les valeurs A qu’il y a chez nous, ou chez les petits camarades, vous verrez, il n’y aura pas de défaut. Mais ça, c’est des boites qui peuvent se financer dans les banques. Alors, tant mieux qu’elles viennent chez nous pour du complément. Mais nous, on aspire sur Lendopolis, un peu comme sur nos deux autres plateformes, à créer quelque chose de nouveau, à créer quelque chose qui n’existe pas, à créer quelque chose qui est une ouverture pour les entreprises qui ne peuvent pas ou qui ne se financent pas dans les banques. Et donc, mécaniquement, là-dessus, on est obligé de prendre un peu plus de risque que la moyenne. Et mécaniquement, les boites qui chuteront et le taux de défaut chez nous viendront de cette prise de risque. À nous de la caler correctement pour que ce soit acceptable pour les prêteurs qui viennent aujourd’hui, de plus en plus nombreux sur Lendopolis.

M : Mais, justement. Parce que tu dis : « On ne veut pas faire comme les banques », mais vous, vous avez quand même un processus un peu particulier parce que vous faites appel aux experts comptables donc, un peu l’ancienne profession, un peu comme le banquier, pour le dossier. Donc, déjà si j’ai bien compris, ça vous fait perdre quand même en réactivité, parce que… Et bien, tu disais toi-même tout à l’heure. Un expert comptable, il faut réussir à le choper, il faut qu’il valide le dossier, il faut qu’il fasse des choses. Et ma deuxième question, c’est est-ce que tu penses réellement que ça donne une garantie. Voilà, parce que je vais te le dire honnêtement. Moi, je suis de formation d’expertise comptable à l’origine, j’ai fait de l’expertise comptable, j’étais déjà dans cette profession-là, tous les experts ne sont pas bons. Je ne vais pas dénigrer la profession, mais ils ne sont pas tous bons. Donc, est-ce que c’est des experts comptables qui sont particuliers à Lendopolis qui vont éditer les comptes d’autres ? Ou est-ce que c’est l’expert comptable de la société qui, lui-même, va valider les comptes et va donner ce fameux rapport ? Donne-nous le processus un peu complet pour qu’on comprenne bien les délais et les choses comme ça…

V :… tout sur le sujet, d’où vient notre réflexion ? Aujourd’hui une banque, par nature, pour observer un dossier, ça n’observe que le passé de l’entreprise, la dernière liasse fiscale. Il se trouve que la définition du crowdfunding pour nous, c’est de financer des projets, donc le futur des entreprises. Et donc mécaniquement, d’entrée, on s’est dit dans un souci de transparence, l’entrepreneur pourrait être crédible vis-à-vis des lenders, les prêteurs chez nous, il faut qu’il fasse un exercice de prospective. Et cet exercice de prospective, pour qu’il soit intelligible et crédible, on s’est dit que l’élément extérieur qui pouvait valider, je parle bien de la cohérence, puisqu’il n’y a pas de garantie, mais valider quand même la cohérence des estimations de l’entrepreneur, c’était celui qu’il suit au quotidien. Alors bien évidemment, ça ne donne pas de garantie, mais je peux vous dire une chose. C’est qu’on a à peu près un projet sur deux qu’on avait validé au préalable avant de l’envoyer chez les experts comptables et qu’on refuse lorsque ça revient des experts comptables. Ce qui veut donc que pour nous aujourd’hui, l’expert comptable, déjà, nous permet de multiplier ou de diviser par deux notre taux de risque. Parce que dans ce cas, l’entrepreneur va fournir comme élément dans son enthousiasme, dans la façon dont il va envisager son chiffre d’affaires, ses coûts. Et bien l’expert comptable qui est, lui, en général plus tangible, plus opérationnel et plus prudent, va nous donner un autre regard, qui est souvent dans le cas des entreprises, justement, qui sont notés « C » chez nous, qui les faisons basculer du mauvais côté. Du coup, on estime que cette bride d’experts comptables, elle est hyper importante pour la vision qu’on a nous du crowdfunding, c’est-à-dire, elle permet de juger le projet de l’entreprise. Et le fait de poster ce prévisionnel, ça permettra du coup à l’entrepreneur de revenir plus facilement auprès de sa communauté si son business plan est à peu près respecté. Aujourd’hui, on a d’ailleurs une entreprise qui vient de revenir, là aujourd’hui, pour la deuxième fois. Et il se trouve que ces entreprises, on verra d’ailleurs la vitesse à laquelle ils collectent, mais je pense que les entrepreneurs, qui du coup lors de la première année et la deuxième année, lorsqu’ils reviendront chez nous, ont été assez proche de leur chiffre annoncé, et bien, vous verrez que les collectes se font très vite parce que la communauté qui a donc voté, qui a prêté pour cet entrepreneur aura tendance à lui faire confiance. Donc du coup, pour nous c’est un élément clé dans le dispositif. Encore une fois, on n’est pas pressé. Donc du coup, que ça nous fasse perdre du temps, on le savait d’entrée, et cela ne nous pose pas de problème. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, ça l’est, parce que la volumétrie est faible, et quand la volumétrie sera multipliée par deux, par trois, par quatre, alors du coup ce sera quasiment invisible. Alors nous, on préfère être plus lent que la moyenne, en tout cas, on va dire, que certains. On préfère avoir un trou entre le 15 décembre et 15 janvier, et avoir cette bride qui est pour nous clé dans notre analyse, à savoir, avoir quelqu’un qui est capable de nous partager l’analyse du futur de l’entreprise. Voilà notre point de vue. Je n’ai pas de jugement de valeur sur ceux qui ne font pas la même. Mais, comme nous, nos deux mots clés chez nous sont « éthique » et « transparence », il nous paraissait essentiel que la transparence dans le futur de l’entreprise soit visible à travers un business plan qui soit validé par celui qui suit le business plan au quotidien.

M : Et du coup, le délai pour un emprunteur, il est plutôt d’un mois ?

V : Ça dépend. C’est très varié. Mais t’as des experts comptables qui sont réactifs en 24 heures ou 48 heures. Et puis t’en as certains qui mettent quinze jours. Du coup, on va dire que chez nous, par rapport aux autres, il peut y avoir une différence de deux jours à quinze jours par rapport aux autres plateformes. Mais ça aussi, on l’assume. C’est-à-dire qu’à l’inverse, notre discours, c’est de dire : chez nous vous allez peut-être moins vite pour entrer. Mais vous allez être sur une plateforme qui privilégie votre vision prospective, et non pas uniquement votre passé. Du coup, très souvent chez les entrepreneurs, on trouve un écho. C’est-à-dire que l’entrepreneur est obligé de travailler sur son futur, ça lui permet de poser les chiffres. Ça lui permet de réfléchir différemment. Et très souvent il nous remercie de l’avoir quasiment contraint à avoir un objectif très précis sur le sujet. Donc, du coup, on est droit dans nos bottes, et on ne changera pas ce partenariat quoi qu’il en soit, même si ça nous fait perdre un peu de temps.

M : D’accord. Alors j’ai une question que j’aime bien poser parce que je dis toujours, je suis un peu le révolutionnaire dans ce milieu-là et notamment parce qu’un article paru il n’y a pas longtemps et qui a pas mal buzzé autour du poids des institutionnels, mais c’est un peu mon dada dans le crowdlending, qui montre maintenant qu’aux États-Unis, c’est 80 % d’institutionnel et 20 % de particuliers. J’aimerais que tu dises ta vision, moi je la connais, mais j’aimerais bien que tu rappelles cette vision. Est-ce qu’un jour Lendopolis va faire appel à ces institutionnels pour financer d’autres projets ?

V : Alors, je réponds en même temps aux notations. Oui ! Bien sur qu’on va vers plus de rapidité, mais si vous savez, même si vous prenez les temps de collecte chez nous aujourd’hui, cette semaine il y a encore un projet à 125 000 euros qui a collecté en 24 heures. Donc de toute façon, pour les chefs d’entreprise, ça va hyper vite. La moyenne maintenant, c’est 10 jours chez nous, il y a beaucoup de projets qui collectent en 24 heures. Donc du coup, cette notion de rapidité, chez nous, elle existe très largement. Puis vous verrez que plus les gens ont confiance en la plateforme, et plus les projets sont bouclés rapidement. Donc, du coup, encore une fois, ce sas de travail sur la prospective nous parait essentiel à la solidité du projet. Du coup, on restreint sur ce dogme. Voilà. Alors, pour répondre à ta question. En même temps je mange un Strepsils, ne m’en voulez pas, j’ai un énorme rhume et du coup j’ai les cordes vocales qui jouent comme ça.
Les institutionnels, c’est un vaste sujet ! Comme vous le savez, nous, on ne vient pas de la finance, on est des entrepreneurs. Ce qui nous intéresse dans le crowdfunding, c’est les projets. Donc, du coup, on essaie de trouver une solution pour donner un moyen de financer des projets à toutes les typologies de créateur. On a KissKiss pour les artistes et la techno, on a Hello Merci pour les projets perso. Et on a sorti donc Lendopolis pour les projets d’entreprise. La force du crowd, comme son nom l’indique, crowd, ça veut dire « public ». Donc, crowdfunding, ça veut dire « financé par public ». Ce qui veut donc dire que, moi, je n’ai rien contre les plateformes qui sont 100 % ou quasi institutionnelles. Je dis juste que ce ne sont pas des plateformes de crowdfunding ou de crowdlending, juste par définition. Et je ne dis pas que c’est bien ou pas bien. Je dis juste que les plateformes qui vont au-dessus d’un certain pourcentage d’institutionnels versus le grand public, ne sont pas des plateformes de crowd. Ce sont des Fintech et ça ça va très bien d’ailleurs de les mettre dans les Fintechs. Mais pour moi, on n’a pas la même vision, et on n’est pas dans la même catégorie. Pour moi, Prêt d’union n’est pas une plateforme de crowdlending. Pour moi, Lendix n’est pas une plateforme de crowdlending. Voilà, ça, c’est mon avis. Pour autant que ce soit l’un et l’autre, ont beaucoup de vertus. D’accord, donc, qu’il n’y ait pas de jugement de valeur sur ce sujet. C’est juste une histoire de définition. Quelle est notre position sur les institutionnels ? Ce n’est pas seulement un dogme parce qu’on serait des hippies qui viendraient du milieu artistique. Notre position est la suivante. Le problème des institutionnels et on le connait tous dans la finance, c’est que ce sont des instruments qui sont titrisés. L’instrument titrisé, il a une vertu, c’est qu’il permet, lorsqu’on l’utilise, de diminuer son risque parce qu’on est présent sur toutes les vannes. Mais le problème de titrisation, et je ne vous apprends rien pour les financiers, c’est que ça finit tout le temps aux produits dérivés. Et que les produits dérivés, ça remonte sur les marchés. Et quand ça remonte sur les marchés, ça crée des bulles. Et que tous les trois ans on prend un pet au casque dans la finance parce qu’il y a des produits qui ont d’abord été titrisés et puis dérivés, qui explosent avec des bulles sur le marché. Si vous regardez ce qui se passe aujourd’hui sur le lending, et Renaud Laplanche l’a dit d’ailleurs, il n’y a pas tellement longtemps, la masse aujourd’hui de broker qui sont en train de créer des produits dérivés sur les produits titrisés du crowdlending, sont le danger N° 1 pour notre industrie. Ce n’est pas le taux de chute de notre plateforme qui est le danger numéro un, c’est la surtitrisation et les produits dérivés qui vont venir à flot sur notre marché. Et moi je suis 100 % persuadé de ça, et je ne suis pas le seul.
Deuxième point, les institutionnels par définition sont hyper versatiles, ils vont là où le rendement est le meilleur. Alors que la foule, le « crowd », vient sur la plateforme, un : sur Lendopolis parce qu’il y a du rendement ; mais deux : parce qu’il y a une espèce de côté un peu « je reprends le pouvoir sur mon argent, je l’investis dans l’économie réelle », donc, il y a une espèce de logique, comme ça, qui fait que les particuliers ne partiront pas aussi vite qu’eux le font. Donc du coup, moi je pense que la réalité c’est d’avoir un mix intelligent. Le premier mix pour nous, c’est l’intelligence collective du crowd d’abord. Les personnes morales, ensuite, et ça, ça va arriver très vite, on le fait déjà sur Lendopolis. On peut, en tant que personne morale, venir, on ne le markète pas pour l’instant parce qu’on fait des essais et on commence à utiliser les bons de caisse puisqu’on a une certitude maintenant que c’est l’outil qui sera officialisé très bientôt. Mais on va dire qu’on y va mollo pour l’instant. Et donc, du coup, on va déterminer un mix qui me parait moins le plus secure pour le marché, entre des particuliers, des personnes morales, eh oui, on fera entrer les institutionnels. Mais les institutionnels chez nous ne se substitueront jamais à l’intelligence collective. Ils s’additionneront à l’intelligence collective. C’est à l’inverse de ce que font certaines plateformes. Nous, on ne veut pas ….… des fonds avec le grand public, on veut que les institutionnels viennent s’ajouter à la puissance du grand public et à la puissance des personnes morales qui seront impliquées. Donc, si je devais, allez, faire un petit pari dans 5 ans, je pense que chez nous, vous aurez 30 – 40 % de grand public, 30 à 40 % de personnes morales et 15 – 20 % d’institutionnels. Voilà, et on espère trouver des institutionnels, qui, comme en Angleterre ou comme aux États-Unis, viendront prendre l’intégralité des valeurs de la plateforme parce que la plateforme sera suffisamment solide et permettra d’avoir un taux de défaut qui soit suffisamment crédible pour que les institutionnels s’engagent sur l’intégralité des valeurs et non pas sur quelques valeurs comme ça arrive aussi sur des plateformes. Donc on a une vision absolument pas hippisante de la finance, de la Fintech, on a une vision qui est, on va dire, native où c’est l’intelligence collective qui nous intéresse d’abord. Et on additionnera les deux autres puissances : les personnes morales et les institutionnels, dans un deuxième temps. Donc, voilà notre théorie, notre stratégie.

M : Et est-ce que tu sens un changement dans tes équipes ? Est-ce que tes équipes deviennent plus financières qu’elles l’étaient à l’origine ? J’imagine qu’à l’origine, elles étaient un peu plus artistes.

V : Ah bah, c’est sûr ! Aujourd’hui, tu as… et c’est génial, d’ailleurs, tu as, on va dire, un côté un peu plus hipster, disons sur KissKiss, avec que des gens qui travaillait dans les univers culturels, que ce soit à Paris ou en Provence parce qu’aujourd’hui, on a des antennes un petit peu partout. Et donc du coup, ça brasse dans tous les milieux, mais là on a évidemment des profils qui ne sont pas du tout financiers. Sur Hello Merci, on a des profils plutôt économiste, social et solidaire : des gens qui viennent de l’environnement, par exemple, des réseaux d’accompagnement, d’entreprise, plutôt dans une logique sociale et solidaire. Et sur Lendopolis, on a recruté des financiers. C’est-àdire qu’on a notre directeur de risque, plus les 2 autres analystes qui viennent des banques. On a des équipes de biz dev qui viennent également de la finance traditionnelle. On a un board qui est là pour m’encadrer sur le sujet, qui vient de la finance aussi. Moi, j’ai plein de potes qui viennent de la finance. Mon meilleur pote s’appelle, on peut le dire, c’est le premier type qui a financé KissKissBankBank, il s’appelle Jean-Pierre Aubin. C’est le PDG de Cantor Fitzgerald. Autant vous dire que ce n’est pas un hippie, loin s’en faut. Ce n’est pas non plus un artiste. Mais la force de notre entreprise et mon plaisir à moi, comme CEO au quotidien, c’est que j’ai une entreprise qui est multiple avec des profils qui sont complètement variés. Et ça, je l’adore pour moi. Et donc, du coup, mécaniquement ça nous permet d’avoir une identité d’entreprise qui est différente de celle des autres. Mais sur Lendopolis, qui est évidemment 100 % finance, 100 %, même les personnes qu’on a recrutées « webmarketing » viennent de la finance. Donc Lendopolis, c’est 100 % de profils financiers.

M : D’accord, ça va te changer, parce que si Lendopolis prend le poids sur les plateformes, tu vas te retrouver avec énormément de financiers.

V : Non, moi, mais je n’ai rien contre les financiers. Moi, je prône une finance, moi, je suis persuadé que la finance, c’est un pan de l’économie qui est capital. Par contre, moi je suis contre une finance qui est prédatrice, qui ne pense qu’à elle et qui met l’économie sous son joug alors que la finance devrait être le moteur de l’économie et pas l’inverse. Aujourd’hui, c’est l’économie qui nourrit la finance. Ce n’est pas la finance qui nourrit l’économie. Et nous on se bat contre ça. Donc on essaie de remettre la finance au milieu de l’échiquier, mais au service de l’économie. Voilà, et donc du coup, notre montage avec nos 3 plateformes et notre quatrième, c’est fait pour ça. On n’est pas anti-finance de façon primaire. Encore une fois, moi, j’ai plein de potes qui travaillent dans la finance. Je dis juste que la finance aujourd’hui, depuis 29, nous délivre successivement des drames plus horribles les uns que les autres depuis 100 ans et qu’il est temps que ça s’arrête. Tous les 5 ans, tous les 10 ans, on prend une crise financière dans la tronche. Et pour faire en sorte que cette finance redevienne au service de l’économie, il faut la charger un certain nombre de paradigmes. Mais je pense que le crowd avec l’intelligence collective, sa logique de peer to peer, et également l’apparition des Fintechs fait en sorte que la finance doit être obligée de changer. Donc on est très content de pouvoir dire aujourd’hui qu’on fait partie des acteurs qui obligent la finance à changer.

M : Et justement, d’un point de vue des profils un peu investisseurs, prêteurs ou donateurs, est-ce que chez vous, ce sont les mêmes ? Est-ce que par exemple quelqu’un qui à l’habitude de donner sur KissKissBankBank prête maintenant sur Lendopolis ? Ou est-ce que tu sens qu’il y a des réticences ? Est-ce que le contraire est vrai ? Des prêteurs qui sont plutôt, j’imagine, en recherche de rentabilité, est-ce qu’ils vont donner sur KissKissBankBank ?

V : Alors, aujourd’hui, c’est qu’on va lancer Lendopolis. Enfin, Hello Merci et Lendopolis, et la communauté de 800 000 personnes sur KissKiss. Ce qui veut dire que sur KissKiss, sur Hello Merci et sur Lendo, vous avez 1/4 ou 1/3 des prêteurs qui viennent de la communauté de KissKiss.

M : D’accord.

V : Ça veut donc dire que notre pari est gagné. Je vous le résume en deux secondes. Le lundi, tu peux très bien te lever, percevoir sur ton Facebook un mail d’un de tes potes qui est un artiste, et qui veut financer son expo photo et qui va te demander 50 balles pour le faire. Le mardi, tu viens de recevoir dans ta boite mail, un mail de ta voisine qui veut monter une crèche. Et le samedi, quand t’auras une heure à tuer, tu peux très bien aller sur Lendopolis choisir X nombres de PME sur notre plateforme, ou sur les autres d’ailleurs dans lesquelles t’as envie d’investir. Et donc du coup, pour moi, donc basiquement, cette personne-là, elle peut agir sur les 3. Alors après, on a des cœurs de cible qui ne sont que sur KissKiss, que sur Hello Merci, que sur Lendo. Mais ça se balade quand même assez vite et en grand nombre. On a notamment par exemple sur Lendo des dizaines et des dizaines et des dizaines d’étudiants qui viennent de KissKiss et qui viennent prêter 20 balles par mois. Et on est très content de ça. Parce que moi, je vais te dire notre objectif. Contrairement à certains de nos petits camarades qui viennent de la finance, qui voient dans le crowd une espèce de nouvelle classe d’actifs à vendre à des clients qu’ils connaissent par cœur, mais on ne peut pas les citer et donc du coup, se dire que, eh bien, on aimerait bien que les 20 000 Français les plus riches viennent investir 50 000 € par an. Nous, notre objectif c’est qu’il y ait 50 000 Français qui viennent investir 2000 € par an. Voilà l’objectif qu’on a sur Lendo. Donc du coup, on a envie de démocratiser et l’investissement, et de rendre aux citoyens comme toi et moi la possibilité de se dire, je suis capable de placer mon argent intelligemment sans prendre de risque énorme et sans être obligé de me libérer de toute mon épargne. D’accord, ce n’est pas l’objectif. Si on arrive à convaincre sur, je crois, sur les 2 mille milliards d’euros qui sont planqués tous les ans dans les assurances-vie. Si on arrive à faire en sorte qu’il y ait seulement que 1 % par an, qui sorte des assurances-vie pour venir sur une plateforme comme la nôtre ou comme Unilend ou comme Lendix d’ailleurs, et bien, on aura gagné notre pari, on aura résolu les problèmes de financement des PME. Ça aujourd’hui, pour que ça fonctionne, il faut se concentrer pas tellement sur les plus riches d’entre nous qui, eux, sont overblindés en conseils. Ils ont de la défisc, ils passent par des fonds, ils passent par des FCD, ils passent par des placements défiscalisés sur les DOM TOM, c’est les gens qui sont hyper alertes sur le financement. Ces gens, finalement, ce n’est pas forcément la cible N° 1 pour le Lending. Moi, je reste persuadé que la cible N° 1, c’est des gens comme toi et moi qui gagnent correctement notre vie, mais pas suffisamment pour être riches et qui, demain, peuvent avoir envie du coup d’utiliser une partie de cette épargne pour venir en investir dans l’économie réelle et résoudre ensemble un problème majeur qui est le financement des PME. Donc du coup, encore une fois notre objectif, c’est de convaincre autant de Français qu’on a convaincus sur KissKiss entre 500 000 et 1 000 000, d’ici 5 – 6 ans qui viendront mettre entre 500 et 2000 par an. Et sincèrement si dans 5 ans ou dans 6 ans la plateforme collecte tous les ans à 1 milliard d’euros, eh bien on sera très content.

M : Mais toi, tu ne crois pas à l’inverse, c’est de dire : « On inclut le lending dans l’assurance-vie ».

V : Pourquoi pas, pourquoi pas, puisque ce qui est important aujourd’hui, et c’est le cas dans le pays anglo-saxon, c’est qu’il faut que le financement participatif soit traité finalement comme les autres placements. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Tu vois bien, la fiscalité n’est pas du tout la même, même si ça s’améliore. Tant qu’il n’y aura pas une fiscalité hyper avantageuse, les gens ne viendront pas en masse. C’est pour ça encore une fois que je considère que le marché va être lent tant qu’on n’aura pas fait comprendre aux entrepreneurs la force du système, l’intelligence collective et du web. Tant qu’on n’aura pas fait comprendre aux Français de classe moyenne ou moyenne supérieure qu’il y a une utilité réelle, à prendre 1000 balles ou 2000 balles par an, pour les investir dans les PME françaises. Eh, bien du coup le marché restera lent, le jour où on aura réussi à faire ce pari-là, les courbes décolleront, comme elles ont décollé en Angleterre et aux États-Unis.

M : D’accord, parfait, alors on va essayer de répondre aux questions. C’est un trader ! C’est marrant, un trader qui nous suit. Il ne peut pas partager les mêmes choses sur la finance. Il nous demande si aujourd’hui vous ne souffrez trop des taux de crédit très bas. Alors ça c’est facile à voir. J’imagine qu’il y a des dossiers que vous acceptez, vous. Et puis, qui finalement, ils se disent : « Ah bah ! Non ! Je vais aller voir ma banque. Elle m’offrirait de meilleures conditions ».

V : La réalité des plateformes de crowd, je dis bien de crowd. Parce qu’il y en a notamment un qui ne fonctionne pas de la même façon, donc les montants collectés ne sont les mêmes. Mais si vous prenez la moyenne des plateformes qui font vraiment du crowd, la moyenne collectée, c’est un peu en dessous de 100 000 euros. Il se trouve qu’autour de 100 000 euros, le différentiel de taux ne représente pas grand-chose. C’est-à-dire que, alors dans une banque qui vous annonce 2, après il a les assurances, après il y a les machins, après il faut donner les cautions, il faut 3 mois. Tout ça fait que vous êtes quand même plutôt autour de 4 – 5. Une entreprise moyenne chez nous, va être notée 8. Donc du coup, 3 % d’écart sur 100 000 euros, ça fait 3000 balles. Et donc, du coup il faut qu’on arrive à faire comprendre aux autres entrepreneures que pour ces 3000 en plus, ils ont la rapidité, ils ne donnent pas de caution, pas de garantie, ils se lancent dans une logique de transparence vis-à-vis du public et ils ont une communauté qui va les suivre. Et donc du coup, la question qu’il faut se poser, c’est est-ce que ça vaut 3000 balles ? Moi, je pense que oui. Voilà, maintenant le temps de faire comprendre ça aux entrepreneurs, je reviens sur ce que disais tout à l’heure, mais ça va prendre du temps, simplement.

M : D’accord !

V : Alors, je vois : « Ça ressemble à Lendix ». Oui bien sûr, ça ressemble à Lendix. Déjà on a les mêmes logiques avec Olivier Goy, mais pas par le même biais. Mais tous les deux, on est persuadé que cette mécanique va nous permettre de renforcer les PME. D’accord, que ce soit par l’intelligence collective ou par des fonds, l’objectif est le même. Donc, ça, c’est un premier point. Donc il n’y a pas de jugement de valeur. Après on n’utilise pas les mêmes outils. Olivier, il est habitué à manipuler des fonds parce que c’est son job. Donc du coup, il utilise des fonds sur cette plateforme-là. Donc encore une fois, du coup, le fait qu’il utilise des fonds et très peu de public fait qu’on se ressemble sauf que lui il a 90 % de fonds, 10 % de public, alors que moi, j’ai 100 % de public. Donc, du coup, ça fait une vraie différence. Et ça fait une différence de définition. Quand tu as 100 % public, t’es une plateforme de crowd, quand tu as 10 % public, tu n’es pas une plateforme de crowd, tu es une Fintech.

M : Juste sur le suivi des sociétés parce que moi je trouve qu’il y a quand même un manque aujourd’hui sur le crowdlending, c’est qu’on finance des projets aujourd’hui et puis une fois qu’ils sont financés, on n’en entend plus parler. On ne sait pas ce qui se passe. On ne sait pas s’ils ont vraiment utilisé l’argent levé pour financer ce qu’il devait financer. On se rend compte après tout que ce n’est pas tout le temps le cas puisque ce n’est pas vérifié par les plateformes. Je pense que vous-même, vous ne le vérifiez pas. Est-ce que vous allez mettre en place des actions qui feraient que plus régulièrement on entend parler un petit peu de… ? Parce que tu dis : « la communauté va revenir ». Mais pareil, cette communauté, il faut qu’elle soit activée, il faut qu’elle soit informée, sinon si pendant 5 ans elle n’entend pas parler de l’entreprise qu’elle a financée, elle risque de ne pas refinancer.

V : Alors, 2 points. Le point dont on discutait tout à l’heure ensemble, c’est-à-dire le business plan. Le business plan, c’est un début de communication dans le futur avec sa communauté. Pourquoi ? Parce que si l’entrepreneur est malin et on lui donne les outils pour, il faut qu’il tienne informée sa communauté. C’est simple, sur le chat et le forum, hein. Qu’il tienne informer tous les trimestres par exemple avec un petit tableau tout simple en disant, voilà, regardez, 1er trimestre, j’avais annoncé tant tant et bien sachez que j’ai fait + 10 grâce à ça. Ou sachez que j’ai fait – 20 grâce à ça. Et ça petit à petit, les entrepreneurs vont apprendre à s’en servir. Ça, c’est le premier point. Donc, le business plan, la prospective, c’est un levier qu’on leur donne pour communiquer avec la communauté sur l’avenir. Ça, c’est hyper important chez nous. Deuxio, ce que tu dis est vrai. La faiblesse du crowdlend, c’est qu’on n’a pas de mesure d’impact de notre plateforme. Et, chez nous, on est en train d’y bosser. On a recruté des « data scientists » là, en ce moment qui vont bosser là-dessus. Parce que moi, j’aimerais savoir au bout de 6 ans sur KissKiss, combien d’heures d’intermittents du spectacle j’ai créées ? Quel est pourcentage de projet qui a été au bout ? Quel est le pourcentage de projets qui ont livré leur contrepartie à l’heure ? Quel est le pourcentage de projet sur Hello Merci au total qui a eu le différé de paiement ? Le pourcentage de projet qui ont vraiment été au bout, le nombre d’embauches que ça a permis, le nombre de microentreprises que ça a vraiment permis de faire débuter ? Et ça, aujourd’hui, je n’ai pas ces stats et ça m’agace. Voilà. Et donc du coup, on va bosser là-dessus sur le futur et d’ailleurs à partir de maintenant c’est un de mes vrais chantiers pour 2016, et je le dis assez souvent, je pense que c’est la vraie faiblesse du marché du crowdfunding au sens large dans le monde entier d’ailleurs et que je pense que la brique de crédibilité du crowd ne sera définitivement gagnée auprès du grand public que et uniquement lorsque nous aurons réussi à donner des mesures d’impact sur les projets qu’on a hébergés chez nous. Et le crowdlending n’échappe pas à la règle, il faut impérativement que dans une logique de continuité, de transparence, que les entrepreneurs continuent à discuter avec leur communauté sur la base des informations qui leur ont été fournies, donc sur la base de la réalisation de leur business plan, tout simplement.

M : Et ça, est-ce qu’ils le font ?

V : Pour l’instant, ils ne le font pas. Voilà. Alors, quand je dis, ils ne le font pas, ils ne le font pas au sens large. Parce qu’il y a plein de contre-exemples à ça. Il y a plein d’exemples sur KissKiss, pleins de projets qui sont des 2 fois, 3 fois, 4 fois, qui sont des gens qui, sur leur page Facebook ou sur le forum chez nous, le font vraiment. Mais ça reste une minorité. Notre job pour l’année 2016, c’est… on ne peut pas les forcer, hein. Mais parce qu’une fois que la collecte est finie, elle est finie la collecte. Nous, on n’a pas de moyens de pression sur eux. On ne veut pas en avoir. Il faut juste leur apprendre à se responsabiliser, et à faire en sorte que ces gens-là, ces entrepreneurs, ces créateurs comprennent que c’est uniquement dans une logique de transparence complète que cette communauté sera définitivement fidélisée. On y bosse, voilà, on y bosse.

M : Étienne qui dit qu’il y a un manque de communication autour du crowdlending, ce qui ne lui permet pas de décoller. Qu’avez-vous prévu pour attirer plus de monde sur votre plateforme, parrainage publicité TV, etc. ?

V : Alors là, je ne suis pas complètement d’accord avec Étienne. C’est-à-dire que nous, on est tous les jours dans les Échos, depuis novembre. Les Échos, c’est le magazine, c’est le quotidien le plus lu au niveau économique. On est tous les jours dans le magazine hebdomadaire, on est tous les jours dans Investir et on est tous les jours sur le web chez eux. Donc, du coup, on a une forte couverture médiatique. Si tu prends mes deux petits camarades d’Unilend et Lendix, ils sont tous les jours à la télé, quasiment, sur W9, sur beIn, etc., et pourtant, comme vous pouvez le voir, le marché n’explose pas. Ce qui veut dire que ce n’est pas aujourd’hui, véritablement une course à l’échalote sur la visibilité qu’il faut. C’est, pour moi, hein, ça n’engage que moi, une course à la pédagogie. Et la pédagogie, eh bien, il faut mener d’autres actions que de la publicité de masse. Il faut prendre le temps de rencontrer le chef d’entreprise, de rencontrer des réseaux, de rencontrer les CCI, de rencontrer les experts comptable, de rencontrer les notaires, de rencontrer des associations verticales par métier, de rencontrer les chambres de métier de l’artisanat, ce qu’on fait nous au quotidien. Et je pense que c’est ce boulot-là, qui paiera sur la longueur. Ça prendra du temps, mais c’est ce boulot-là de pédagogie qui portera ses fruits.

M : On a aussi Marc qui nous dit, heu, peut-on parler du partenariat avec La Banque Postale ?

V : Oui, bien sûr, avec plaisir. Alors, La Banque Postale c’est la première banque au monde à avoir monté un partenariat avec une plateforme de crowdfunding en 2010 sur KissKiss. Alors, comment ça s’est passé. Xange Private Equity qui nous a financé nous, en fait, c’est un fonds qui était une filiale de La Banque Postale. Ce qui n’est plus le cas parce qu’ils l’ont revendue. Mais à l’époque, c’était le cas. Donc, je peux vous raconter l’histoire. On a toujours été dans une logique militante vis-à-vis de la finance. On n’est pas débile. On ne fait pas non plus de finance primaire, mais quand il y a des choses qui ne nous plaisent pas dans la finance, y compris dans les banques, on le dit. Et on l’a dit d’entrée ! Et donc du coup, un jour je reçois un coup de fil du président de Xange qui me dit : « Phillipe Whal, le président de La Banque Postale et qui est maintenant le président de La Poste, voudrait te voir avec Didier Vuillaume, qui est son directeur marketing ». Puis merde, qu’est-ce que je vais lui raconter ? Parce qu’on est quand même sur un modèle qui va secouer un peu les banques, je ne vois pas trop ce que je peux lui dire véritablement. C’est-à-dire que moi, j’étais déjà dans une logique où on était un peu sur des modèles concurrents, très modestement hein, pas concurrents volume, mais au niveau mécanique. Du coup, je ne voyais pas bien ce que je pouvais faire avec eux. Mais bon, comme c’est le propriétaire de Xange, je me suis dit par respect, et puis aussi pour rencontrer ce que… j’ai entendu parler de Phillipe Whal et de Didier Vuillaume qui sont deux types extraordinaires, je suis allé les voir. Quand j’étais allé les voir, ça a duré 20 min. Voilà ce qu’ils m’ont dit tous les deux à la fin, ils m’ont dit : « OK. T’es en train de nous montrer toutes les carences de nos métiers. Tu réponds aux carences de nos métiers, on a donc 2 solutions. Soit on se cache derrière notre petit doigt, soit on monte un partenariat pour montrer à nos clients qu’on est capable d’accepter nos carences et donc du coup, de faire la promo de systèmes qui ne sont pas les nôtres ». Bien, je suis tombé sur le cul, pour être complètement franc. Parce que pas une seule seconde, je m’attendais à cette réponse-là. Donc du coup, qu’est qu’on fait avec La Banque Postale ? Et bien la Banque Postale, tous les mois, sélectionne un projet sur KissKiss et un secteur d’activité sur Hello Merci. Elle va financer le projet en question, quand la jauge du projet atteint 50 %, La Banque Postale met les 50 % qui restent. Sur Hello Merci, tous les projets dans le secteur d’activité pendant le mois en cours, et bien c’est La Banque Postale qui paie la commission de Hello Merci pour l’entrepreneur ou pour le projet perso. Du coup, ça leur permet d’avoir une myriade d’histoires à raconter, ces histoires d’entrepreneur ou de projet, et bien ils les racontent sur leurs réseaux sociaux en montrant qu’ils sont capables de faire la promotion d’un système qui n’est pas le leur, qui les fait gagner en crédibilité, gagner en légitimité notamment vis-à-vis d’un certain public et ce qui leur donne un outil de communication, hyper fort et hyper moderne. Ça, c’est le premier truc. Deuxième truc, on va décider de monter avec eux des opérations de toutes pièces. Alors, qu’est-ce qu’on a monté ? On a monté notamment la Social Cup. La Social Cup, c’est la coupe de France de l’entrepreneuriat social étudiant. Donc, on réunit 12 villes, pendant toute l’année, les écoles de design, de business et tech, design et business se réunissent dans une ville pour montrer des projets entrepreneurs sociaux. Vous avez MakeSense, le réseau, vous connaissez peut-être, c’est un réseau qui permet de résoudre des problématiques d’entrepreneurs sociaux, qui les coache, et pendant toute l’année, sort un projet. On remonte ces projets à Paris, on fait une finale où les projets viennent pitcher, tout ça, c’est streamé dans les villes en question, avec de la réalité augmentée, et il y a des pitchs et le gagnant est incubé par MakeSense et financé par La Banque Postale. Donc, voilà une opé qu’on a montée avec La Banque Postale et c’est La Banque Postale qui finance 100 % du truc. On a aussi permis de ramener les courts-métrages dans les salles MK2 avec une opération qui s’appelle : « Les Courts Le Retour ». Tous les ans, vous avez une thématique qui est choisie, les gens vous envoient leur court-métrage sur cette thématique, on sélectionne les 10 meilleurs, et les 10 meilleurs passent devant un jury, avec un jury de professionnels plus quelqu’un de La Banque Postale plus nous, et les 4 meilleurs sont diffusés 1000 fois chacun dans les MK2. Donc du coup, avec La Banque Postale sur KissKiss et Hello Merci, on permet de monter les opé qu’on ne pourra pas financer nous, parce qu’elles sont très lourdes, très vastes et qu’elles coûteraient trop cher. C’est La Banque Postale qui, avec ses moyens, finance des opé qui seraient trop grosses pour nous, mais qui sont à taille humaine pour eux. Donc c’est un échange. On leur donne de la crédibilité, de la modernité et ils nous donnent des moyens pour financer des opérations qu’on ne pourrait pas financer, simplement.

M : Et quand vient-elle financer des projets sur Lendopolis ?

V : Pardon ?

M : Quand La Banque Postale va financer des projets sur Lendopolis ?

V : C’est plus compliqué parce que sur Lendopolis, tu prêtes de l’argent donc évidemment, La Banque Postale ne peut pas venir prêter de l’argent avec des intérêts. Il faudrait, encore une fois, faire des fonds. Mais ça, je ne t’apprends rien, les gens qui nous suivent savent tout ça. Toutes les banques aujourd’hui discutent avec nous, toutes les banques discutent entre elles, pour monter des fonds qui un jour ou l’autre comme en Angleterre, aux États-Unis, finiront sur nos plateformes. Le truc, c’est de savoir où on met le curseur. Et puis ça, je suis très en colère par ça. Et puis vous avez aussi l’arrivée des pouvoirs publics avec la BPI, qui au lieu de nous pousser et de faire comme en Angleterre de venir prendre 20 % des valeurs et d’aider les plateformes à se développer, la bonne idée de la BPI, c’est de monter des offres concurrentes de celles des FinTech, de monter des offres concurrentes des plateformes de crowdlending, donc au lieu d’essayer de venir nous aider, comme ça se passe dans les pays anglo-saxons, ils ouvrent tout simplement la BPI, la bouche en fleur, en train d’essayer de nous dégommer et de nous tuer. Ce qui est juste invraisemblable !

M : Alors c’est vrai que pour restituer auprès des auditeurs, c’est vrai que lors du Paris FinTech forum la semaine dernière, donc la BPI a annoncé faire des prêts de 50 000 euros en direct aux TPE et aux PME sans garantie, voilà. Alors, moi, c’est vrai que directement, je me suis dit : « Concurrence déloyale ». Je l’ai tweeté immédiatement. Bon il semblerait qu’auprès d’une plateforme, ça été un petit peu expliqué. Et finalement, ça serait du cofinancement, avec soit les banques, soit les plateformes. Finalement, si c’est du cofinancement, ça ne devient plus vraiment de la concurrence même si ça devient la concurrence en partie. C’est-à-dire que les entreprises au lieu de financer 100 000 euros sur Lendopolis vont financer 50 chez BPI et 50 chez Lendopolis. Mais du coup, ça réduit un peu cette zone de concurrence, quoi.

V : Le problème de la BPI aujourd’hui, ils sont actionnaires d’une seule plateforme. Voilà. Et aujourd’hui, ils auront des offres concurrentes en disant que celle des offres complémentaires avec des plateformes… Qu’est-ce qui… car rien ne nous empêche, tout le monde le sait, je m’entends très bien, je m’entends très bien avec Nicolas Lesur, ce n’est pas du tout de l’anti Unilend que je suis en train de faire, mais qu’est-ce qui nous empêche de penser que demain, la BPI va faire des compléments de financement, uniquement, et 100 % sur Unilend, qui serait une concurrence déloyale pour les autres plateformes ? C’est complètement démentiel ! Déjà la BPI ne devrait pas être actionnaire d’une seule plateforme. Elle devrait, soit être actionnaire de toutes les plateformes qui tiennent la route, soit faire comme en Angleterre, monter un fonds et venir financer une partie, donc en cofinancement, 10, 20 à 30 %, du coup, des valeurs qui sont sur les plateformes qui sont sérieuses. En faisant ça, la BPI est en train de créer une distorsion de concurrence qui n’est absolument pas acceptable. Ça me fait penser à Moscou dans les années 70. Comme si l’État devait venir aujourd’hui et que la banque d’État venir siphonner tous les secteurs, d’accord, sur lesquels il y a une espèce de croissance potentielle en dehors des cercles publics, en dehors des banques quasiment d’État. C’est juste, je trouve ça ridicule. Enfin, c’est bon. Ça n’engage que moi.

M : Je comprends. J’ai assisté à cette réunion où la BPI a bien mis en avant Unilend et en effet ça peut paraitre injuste, mais…

V : Bah, c’est une distorsion de concurrence. La distorsion de concurrence, c’est-à-dire que le rôle de l’État ce n’est pas ça. Le rôle de l’État c’est, je comprends l’expression de Macron, c’est un État stratège donc c’est capable de payer les infrastructures, de desceller les secteurs qui ont le vent en poupe et du coup de les aider et de les pousser et absolument pas comme c’est le cas dans la FinTech, de venir essayer de nous manger nos secteurs qui sont naissants en créant des offres publiques, c’est lamentable.

M : Alors, Étienne qui nous demande, le crowdlending est récent et pourtant on entend déjà parler de concentration. Avez-vous été approchés par d’autres acteurs du cowdlending ou inversement, pensez-vous devoir fusionner ou absorber d’autres plateformes pour devenir rentable ?

V : Dans un premier temps, on est rentable avec KissKiss donc, on n’a pas les mêmes, on n’a pas tout à fait les mêmes problématiques que nos petits camarades. Mais oui, je crois que je peux vous l’annoncer, on rachètera Unilend et Lendix, je pense dans les 12 mois qui viennent.

M : Délit d’initiés, fais attention !

V : Je pense c’est un peu tôt. Je pense que c’est un peu tôt pour qu’il y ait de la concentration. Pour l’instant, c’est plutôt la ruée vers l’or. Alors vous avez 25 plateformes ou 30 qui sont lancées, il y en a 4 ou 5 qui collectent, 6 si on rajoute Lendosphère qui est très verticale, mais disons 5 ou 6. Donc du coup, on est encore dans la phase où chacun essaie de jouer son jeu avec ses différences culturelles, ses différences d’offres, je trouve ça très sain même. Alors, en général d’ailleurs, je les connais tous, c’est plutôt des bons mecs ou peut-être de jeunes femmes d’ailleurs à la tête des plateformes, donc je trouve que le marché est sain. Après derrière, si vous regardez sur le don, on va dire on est en fin de première étape. La ruée vers l’or, c’est fini. C’est-à-dire que les dizaines de petites plateformes de don qui existaient versus KissKiss ou Ulule, les premières années n’existent plus aujourd’hui, quasiment. Et aujourd’hui, Ulule et nous on a 95 % du marché. Donc, qu’est-ce que du coup on va avoir une concentration sur le don ? Ça, c’est compliqué parce qu’on se partage un marché en deux, on a toujours envie de se dire, bon allez, je fais finir meilleur que l’autre, donc du coup, il n’est pas évident que ça se fasse. Sur le Lending je pense que c’est très tôt, mais bon voilà, en tout cas, nous on est armé pour potentiellement faire des réquisitions dans les années qui viennent. Ça, je peux vous le dire. Il faut en être un.

M : Ce que je me pose comme question, c’est bon, toutes ces petites plateformes qui n’ont pas encore levé, encore une fois, moi je pense que la levée de fonds est primordiale dans ce métier, après peut-être que je me trompe, c’est l’avenir qui le dira. Maintenant, je me demande toujours et je l’ai écrit il n’y a pas longtemps, j’ai écrit un article sur « Certaines plateformes disparaitront ». Et je me demande si la concentration, ça sera un moyen parce que finalement, on marque un prêteur qui est sur Lendopolis bien souvent, il prête sur Lendix, il prête sur Unilend et il prête peut-être même sur les petites plateformes. Donc, je dirais, de là à aller racheter une petite plateforme, il faut s’assurer que… je ne vois pas ce qu’elle a à y gagner parce que finalement le prêteur elle l’a déjà, l’emprunteur, oui pour les quelques emprunteurs qui vont revenir une deuxième fois peut-être sur sa plateforme. Du coup je me pose cette question si la concentration se fera vraiment ou si ça sera, enfin, plutôt à mon avis, de la disparition.

V : Eh bien, écoute, là, on voit bien ton côté financier. C’est que la valorisation des entreprises qui, du coup, se fusionneront se fera sur le catalogue de prêteurs qu’ils n’ont pas en commun. Ce ne sera absolument pas la totalité de leurs prêteurs. Ça veut dire qu’une boite qui vaudrait X, si elle a 50 % de son portefeuille de prêteurs communs avec celui qui veut l’acquérir, il faudra en fait, X divisé par 2. Et en l’occurrence, ça se jouera comme ça, je pense. Les plus faibles je pense qu’au bout d’un moment, soit les plus faibles disparaitront, soit ils se revendront à bas prix aux 2 ou 3 acteurs en France. À mon avis, allez, je pense qu’il y aura la place pour 3 acteurs en France. Je le pense vraiment. Mais, du coup, les autres en dessous, et bien ils disparaitront ou du coup, seront avalés à vil prix par les 3 ou 4 plus gros ? Ça, c’est sûr.

M : Est-ce qu’il y a des plateformes étrangères qui, aujourd’hui, s’intéressent au marché français d’après toi, est-ce que… ou on mettait quelques plateformes, on voit Funding Circle qui a racheté Zencap il n’y a pas longtemps en Allemagne, est-ce tu penses que ça pourrait arriver rapidement en France ?

V : Bien, je pense qu’il y a quelques acteurs en France dont la stratégie est de se faire racheter par Funding Circle dans la façon dont il bouge, c’est assez clair. Funding Circle ou les autres d’ailleurs ! Alors je ne te dis pas que si Funding Circle venait demain nous voir, on leur fermerait la porte au nez, mais pour autant ce n’est pas la stratégie première. Nous, notre stratégie, c’est continuer à développer notre plateforme avec les 4 offres. Donc du coup, en vendre une et en garder 2 ou 3 offres, ce n’est pas tellement dans notre stratégie. Mais bon, ça dépendra du timing, de notre position sur le marché et puis pour être complètement honnête, du chèque qu’est prêt évidemment à faire un potentiel acquéreur, bien évidemment ! Donc du coup, c’est trop flou pour dire aujourd’hui et ce serait bien malhonnête de ma part de dire que ça ne peut pas arriver. Mais, ce n’est carrément pas dans notre stratégie à nous. Après, le marché français pour les Anglo-saxons, il est minuscule, minuscule ! Et donc du coup, ce n’est pas un hasard si Funding Circle était en Allemagne d’abord. Et ce n’est pas un hasard non plus si les Américains ne sont pas venus acheter les Ulule ou les KissKiss. On a parlé avec eux plein de fois, mais pourquoi est-ce que vous allez vous emmerder à acheter des entreprises sur des secteurs et sur des marchés qui sont tout petits alors que sur les marchés anglo-saxons, vous êtes au tout début et vous levez déjà des milliards ? Il y a une espèce de prise de tête potentielle qui n’est absolument pas naturelle. Et les Anglo-saxons sont très pragmatiques et bien sûr que ça regarde, bien sûr que ça discute, mais je peux vous dire qu’avant que Funding Circle vienne acheter une boite en France, il va falloir quand même que les volumes augmentent sérieusement. Enfin, c’est ce que je pense, hein. Après, on n’est jamais à l’abri de deals entre fonds d’investissement qui se croisent sur d’autres deals, etc., etc., mais sur des histoires très marché stricto sensu, aujourd’hui, encore une fois, le marché français va être lent, il sera costaud, mais il sera lent, et comme les Anglo-saxons sont comme dans une espèce de rythme effréné, je ne suis pas sûr qu’on ait le même… la même dimension du temps.

M : Ben écoute Vincent, on a attend l’heure. Alors moi, je prévois toujours une heure, ça me semble convenable. On peut peut-être prendre une dernière question s’il y en a une. Je vois qu’il y a Sarah qui, d’après ce que j’ai compris, veut faire son mémoire sur le crowdfunding. En ce moment il y a énormément d’étudiants qui veulent faire leur mémoire sur le crowdlending et le crowdfunding, je pense que je reçois au moins par le blog un mail par jour.

V : Alors moi, je peux vous donner une adresse pour faire ça. Il faut envoyer votre dossier ou votre quête à charlotte.richard@kisskissbankbank.com.

M : Et bien, c’est génial. Et elle demande donc, que pensez-vous du fait que les banques développent leur propre plateforme de crowdfunding ?

V : Bah, c’est déjà plus logique que la BPI fasse des offres concurrentes. Parce qu’au moins, on parle bien dans le privé. Enfin, si tant est que le secteur bancaire en France soit vraiment dans le privé, on pourra en débattre pendant des heures. Mais, ça me parait plus logique. Après, moi, je pense que l’avenir des banques, c’est la FinTech. Aujourd’hui, les jeunes détestent les banques, détestent les banques. Regardez la vitesse à laquelle Nickel arrive à créer des ouvertures de compte, ils ouvrent 2 fois plus de comptes que Hello bank par semaine, en dépensant 0 € en pub, quand Hello bank de BNP dépense des millions d’euros toutes les semaines en télé. Ce qui veut dire que la génération qui arrive en a marre de ces crises successives qui nous mettent quand même la tête sous l’eau et qui tous les 10 ans mènent la planète vers des avenirs les plus incertains. Donc, du coup, on est obligé d’avoir une banque. On est bien obligé de mettre notre argent dans un coffre fort, avoir une carte pour payer. Donc, tant qu’on est sur ce paradigme-là, les banques sont obligatoires. Mais reprenez la phrase de Bill Gates qui est très maline, je crois, Bill Gates dit : « We will always need banking, but no banks. » Ça veut dire que Bill Gates estime que, et moi, je suis assez d’accord que le format des banques aujourd’hui est déjà mort. Pour autant, ça ne veut pas dire qu’elles ne vont pas réussir, vu les moyens qu’elles ont, à se retourner correctement et aller vers un modèle bancaire de demain, qui sera leur demain. Je pense que les FinTech font partie de cette stratégie-là. Donc, du coup, vous allez avoir 2 possibilités sur les banques, en tout cas en Europe. Ce ne n’est pas le cas forcément aux États-Unis parce que les marchés sont suffisamment gros. Mais en Europe, vous allez avoir 2 possibilités à mon avis. Effectivement, les banques vont monter leurs propres outils ou vont faire des acquisitions, les premières sont en route, hein. Céline vient de vendre Leetchi à Crédit Mutuel, Nicolas d’Unilend a déjà la BPI comme actionnaire, nous on a un partenariat historique avec La Banque Postale qui n’est pas capitalistique, mais qui est quand même un partenariat. Voilà, il y a Benoit chez SmartAngels qui a fait une tonne partenariat avec des banques récemment, donc on voit bien que le gap entre la finance traditionnelle et les FinTechs est en train de se réduire. Donc, chaque banque décidera de ce qu’elle a envie de faire, soit faire des acquisitions, soit monter ses propres produits. On verra bien.

M : Bon et bien, écoute Vincent, il me reste à te remercier d’avoir consacré un peu de temps et d’avoir répondu à ces questions.

V : Ben, merci à toi, c’est sympa d’interroger les hippies de la finance pas seulement les traders ou les gens qui sont issus de ce milieu-là. Je pense sincèrement que les gens qui ne sont pas issus de la finance chez nous ou ailleurs apportent un regard nouveau et je pense que c’est ça qui a du sens. Nous, ce qui nous intéresse, c’est l’intelligence collective parce qu’on pense que le seul moyen de faire bouger les choses, c’est qu’on reprenne le pouvoir sur notre destinée et reprendre le pouvoir sur notre argent, c’est clé. Et aujourd’hui, on nous l’a confisqué ce pouvoir parce que c’est les banques qui l’ont. C’est le message qu’on veut faire passer et je te remercie de nous avoir donné l’occasion d’en reparler tous ensemble.

M : Et puis au revoir. Merci aussi donc à tous ceux qui nous ont suivis et qui ont posé leurs questions, merci à tous. Je crois que le mois prochain, justement, je devrai avoir Nicolas Lesur d’Unilend en direct. Donc, à confirmer, mais je le ferai savoir. Et donc Vincent, moi, j’ai une dernière requête, vu qu’il y a une grosse annonce en embargo d’ici vendredi, j’espère que tu demanderas à Jennifer ou à Adélaïde de m’envoyer une petite info.

V : Et bien, de toute façon tu l’auras, bien évidemment, tu l’auras. Très clairement, vu le deal que j’ai avec Les Échos, l’exclu va aller aux Échos, voilà. Mais par contre, on fait une exclu uniquement sur un point très précis. Sur le reste, vous aurez tous le CP en même temps, donc, du coup, tu recevras le CP en même temps que les autres médias.

M : Eh bien, merci et à très bientôt et puis donc, voilà merci à tous.

V : Allez, le crowdlending ! Tchao !

M : Salut.

Une réponse à “Interview en direct de Vincent Ricordeau – Lendopolis – Mardi 9 février 2016”

  1. Johan

    Pour préciser la question « Comment voyez vous votre plateforme dans 1, 2 et 5 ans ? »
    – apparemment, il faut atteindre des encours d’une centaine de millions d’€ pour espérer l’équilibre (https://www.crowdlending.fr/certaines-plateformes-vont-disparaitre-quel-sera-limpact-pour-les-preteurs/). C’est le niveau visé par Lendo ? Avez-vous la base financière pour tenir jusque là ?
    – la collecte de Lendopolis a tendance a stagner depuis l’automne alors que d’autres plateformes continuent leur progression. Lendopolis est ainsi sorti du top 5. Donc Lendopolis est-elle toujours dans la course ?

    Répondre
  2. Wislvlerhill

    Merci pour cet interview, c’était très bien.

    Répondre
  3. GP

    Échange très agréable et intéressant. Bravo à Vincent Ricordeau pour l’esprit « Crowd » de Lendopolis, à conserver le plus longtemps possible.
    Et merci à Mathieu pour ces itw qui respirent la sincérité.

    Répondre

Répondre à GP

Cliquez ici pour annuler la réponse.