Le Barter : Un financement alternatif grâce à l’échange inter-entreprises

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L’émergence de la Fintechs aux Etats-unis et en Europe continue et s’accélère aussi bien dans les services BtoC que BtoB. De plus en plus en partenariat avec les banques, les startups officiants dans le BtoC se développent vite avec des gros moyen pour conquérir des communautés et des marchés, par exemple les startups dans le paiement mobile, agrégateurs de compte bancaires ou les wallets et sont médiatisées.

En france, dans le BtoB plusieurs Fintechs proposent des innovations au services des entreprises (TPE, PME ou grand groupes) , parmi ces fintechs françaises on peut citer les différentes plateformes de crowdlending, l’affacturage avec des startups comme Finexkap et Creancio qui proposent un nouveau type de rachat de créance ‘on demand’ avec une expérience online, les outils des gestion online de la trésorerie comme Small Business act, des services de paiement par prélèvement comme Mangopay ou Gocardless, de gestion des notes de frais comme Expensya, des agrégateurs mais aussi des neobanques.

Nous souhaitons mettre le projecteur sur un des services fintech plus alternatif mais tout aussi efficace pour adresser certaines problématiques récurrentes d’entreprises dans un pays caractérisé par une défiance des banques à financer les besoins en fond de roulement et par un manque de trésorerie souvent lié à des délais de paiement longs. Place au barter …

Cet article est écrit par Samuel COHEN, Co-fondateur de France Barter

 

Barter : Kesako ?

 

Il s’agit de l’échange inter-entreprises, ou ‘Barter’ (troc en anglais), une pratique permettant aux entreprises d’accéder à une place de marché sur laquelle elle vont pouvoir d’une part valoriser et vendre des prestations, actifs inutilisés auprès d’une communauté de paires afin de générer du Chiffre d’affaires additionnel qui sera crédité en Bart€r. Le Barter est une unité de compte interne à ce réseau sur la base de 1 Barter = 1 Euros et permettre à l’entreprise utilisatrice de réaliser des achats sans sortie de trésorerie mais avec des règlements organisés par le jeu de compensation de factures.

Cela paraît compliqué ? Pas tant que cela …

Le Bartering est un mode de commerce et un mode de financement certes alternatif mais largement adoubé des dirigeants d’entreprises dans les pays anglosaxons mais aussi en Suisse avec le modèle WIR (1/5eme des entreprises suisses sont adhérentes du système WIR). Le principe de l’échange inter-entreprises qui a été démocratisé en France par la publication d’un rapport ministériel début 2013 est de permettre aux entreprises de trouver des prestataires ou des fournisseurs sur un réseau collaboratif BtoB de confiance et de régler des factures d’achat directement en échange de factures de ventes qu’elles vont réaliser. Pour se faire chaque entreprise qui rejoint le réseau dispose d’un compte Barter qu’elle va pouvoir alimenter en réalisant des ventes auprès des membres du réseau constatées par des factures avec de la TVA qui sont payées « par compensation en Bart€r », une unité de compte interne au réseau d’échange.

Dès lors le compte Barter du vendeur est crédité et parallèlement le compte Barter de l’acheteur est débité. A noter les TVA sont collectées côté vendeur et déduites côté acheteur comme sur toute acte de commerce classique.

Ainsi libérées de contraintes liées à une sortie de trésorerie ou à l’obtention d’un crédit professionnel, les entreprises sont souvent plus promptes à déclencher des achats plus ou moins stratégiques sur des dépenses courantes ou des projets d’investissement. Elles peuvent rester en Barter négatif le temps qu’il faudra pour rembourser ‘en nature’ et rééquilibrer leur compte Barter en réalisant à leur tour des ventes.

Il s’agit avant tout d’un mode de paiement innovant et sécurisé, en effet le compte Barter de l’entreprise lui permet d’isoler des achats et des ventes qui transitent en comptabilité mais pas pas son compte bancaire ( dans le fonctionnement comptable les opérations sont enregistrées sur un compte de classe 5 similaire à un compte bancaire)

 

Schema comptable du barter

 

Pour prendre un exemple très concret en période de surcroît d’activité un traiteur a besoin de mobilier de restauration, de vins et de louer une camionnette frigorifique pour 2 mois, il contacte des entreprises du réseau, identifie des prestataires et réalise des achats pour pour 3000€ de mobilier, 5000€ de vins et la location du véhicule pour 1600Barter, il ne débourse rien en trésorerie et son compte est à -9600 Barter. Lorsque le traiteur aura une période plus calme au cours de laquelle il sera en recherche de clients, il sera en mesure de réaliser à son tour des prestations pour des membres du réseau qui ont besoin de ses services. Il pourra donc émettre des factures par compensation destinées à rééquilibrer son compte.

A l’aune de cet exemple d’achat avant vente on comprend bien l’intérêt pour l’entreprise de financer des dépenses directement en échange de son coeur de métier et plus précisément de ses actifs sous utilisés avec son compte Barter.

 

Un exemple : France Barter

 

Pionnier de cette pratique à l’échelle Française, la startup France Barter www.francebarter.coop lancée en 2014 sous forme d’une coopérative compte 850 entreprises membres actifs et enregistre un volume d’affaires dépassant les 3M de transactions.

 

france barter

 

La startup perçoit des commissions sur transaction de 5 % coté vendeur et 5 % coté acheteur. Un business model fidèle aux entreprises de Barter anglosaxonne.

Sur la marketplace France Barter permet aux entreprises de faire des offres en partiel Barter, partiel numéraire.

Les entreprises timides au départ nous confiait que des dépenses non stratégiques et nous jugeaient surtout sur notre capacité à leurs générer de la clientèle, mais petit à petit la confiance s’instaure et les entreprises prennent le réflexe d’interroger le réseau Barter en priorité pour financer toutes leurs dépenses… pourquoi payer des prestations si l’on peut les échanger ! C’est un réflexe à prendre et cela nécessite une certaine agilité, c’est l’un des dénominateurs communs des entreprises que l’on retrouve sur le réseau !

confie Gregoire Bauer associé de cette startup qui a réalisé en 2016 une levée de fond de 400k pour asseoir ses objectifs de développement en démocratisant cette pratique pour toutes le TPE et PMEs en France.

 

A la croisée entre la fintech et l’économie collaborative cette pratique est sans doute vouée à se développer en métropole car elle apporte aux dirigeants l’efficacité d’un outil de financement de BFR nouveau couplé à l’efficacité d’un réseau d’affaires.

 

Nous croyons beaucoup à la diversification des outils de financement… »

 

poursuit enthousiaste Arthur Bard, co-fondateur du réseau France Barter

« …’nos grand cousins du crowfunding’ ont ouvert une voie en montrant que les Fintechs pouvaient aider une PME à se financer tout en acquérant de la visibilité sur les plateformes web, les entreprises ayant eu recours à ce financement participatif sont enclin à se tourner vers le barter pour se développer en se connectant rapidement à de nouveaux clients et fournisseurs. Aujourd’hui les banques s’intéressent de près à notre activité »

 

En limitant les contraintes budgétaires, l’enjeu est de parvenir à favoriser les transactions, les collaborations et dynamiser les relations inter-entreprises, depuis la crise de 2007, le Barter connaît une crossance de 20 % par an.

En continuité des exemples anglo-saxons des plateformes Barter spécialisées par secteurs émergents depuis 2016, pour le monde maritime en Bretagne, pour les industriels avec une expérimentation barterclusters.fr lancée par les clusters d’industriels Rhônes-Alpins, ou la plateforme agri-échange pour oragnsié un système d’échange de machines, outils , matières première, expertises et main d’oeuvre pour le monde agricole. Ce mode de commerce basé sur un principe rationnel d’identification et de mutualisation des ressources est poussé par la nouvelle économie au service du BtoB.

 

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