« Désolé, on ne prête qu’aux étudiants riches »

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Le crowdlending est en passe d’apporter une solution à des milliers d’étudiants issus de milieux modestes ou défavorisés. Jusqu’à maintenant, on avait beau être sérieux et motivé, avec de bons résultats scolaires et un projet d’études cohérent, sans caution très solide il était quasiment impossible d’obtenir un prêt bancaire pour financer ses études. Par Pierre LOUP, Fondateur d’Edukys.
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Le cas de Pauline, étudiante dans une école de commerce

 

Pauline a 22 ans, elle a un BAC+3 et envisage une formation en comptabilité dans une école de commerce. Parmi de très nombreux candidats elle est admise. Bonne nouvelle car cette école a un fort taux d’embauche pour les diplômés. Mais problème, en faisant le point sur ses finances, c’est trop juste. Malgré une bourse d’études et une aide pour payer son logement, elle ne boucle pas son budget. Sa mère est prête à se porter caution, mais avec un salaire net de 1.500 euros et un prêt déjà en cours de remboursement, aucune agence n’accepte le dossier. Pauline réfléchit sérieusement à renoncer.

Le cas de Pauline n’est pas isolé. Loin de là ! En France, un étudiant sur trois est en difficulté financière1, et un sur quatre ne parvient pas à obtenir de financement pour les études qu’il souhaiterait réaliser2. La plupart du temps, ils décident de stopper prématurément leurs études ou de s’orienter vers des parcours plus courts et moins onéreux. Bien entendu ces situations sont rarement propices à une insertion réussie dans la vie active.

Les prêts étudiants existent depuis très longtemps, mais sont le plus souvent réservés aux étudiants les moins en difficulté puisque la sélection se fait sur la base de la solvabilité de la caution. Environ un milliard d’euros est octroyé tous les ans en France, principalement à des étudiants qui intègrent une école privée. Mais ce montant est très largement insuffisant, en témoigne la vitesse avec laquelle l’enveloppe du prêt garanti par l’Etat est consommée chaque année (3 mois environ).

 

Quelles sont alors les solutions alternatives pour ces étudiants en difficulté ?

Pour des raisons réglementaires, il n’était pas possible pour un organisme non bancaire de proposer un produit adapté à ceux ayant un dossier plus fragile. La loi sur le crowdfunding votée en 2014 a changé la donne et permet aujourd’hui, grâce au statut d’intermédiaire en financement participatif, de proposer des « prêts étudiants participatifs »3.

Le succès de ces plateformes passera par une sélection rigoureuse des étudiants les plus sérieux, et par une analyse fine de leur capacité future de remboursement afin d’éviter les situations de surendettement. Cela dans l’intérêt des emprunteurs, mais également des prêteurs qui souhaitent une très bonne maîtrise des risques. Ainsi réalisé, le crowdlending dédié aux prêts étudiants devient une opportunité, comme il y en a peu, pour tous les particuliers qui souhaitent diversifier leur épargne en investissant sur un produit à très fort impact social.

 

On ne peut que se féliciter de l’évolution qui est en cours. Le « plafond de verre » qui s’était peu à peu installé est en train de se briser.

 

 

(1) – Etude du Ministère de l’Education français, août 2014.

(2)- Enquête Financetestudes-Moneo 2013 et rapport d’information du Sénat « France, ton atout « jeunes » « .

(3) – Article L548-1 du Code monétaire et financier.

 

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